samedi 17 octobre 2015

"Avec tes yeux" de Sire Cédric. [TW : Troubles du comportement alimentaire, vomi, des trucs glauques]

Un Sire Cédric sort toujours le jour où j'ai un cours chiant, et c'est donc fort pratique pour passer le temps. J'ai donc acheté ce pavé (550 pages) et je suis allée à ma conférence sur le marketing et la création de projets.

Et malgré tout le glauque que peut contenir ce bouquin, c'était quand même beaucoup plus sympa.

Sachez avant tout que s'il y a un truc qui me fout LES FOIES dans les films d'horreur, c'est le fait de crever ou arracher les yeux. Alors quand j'ai vu la couverture il y a quelques mois, j'ai eu comme un p'tit frisson.

Notez que si vous tapez "Avec tes yeux" tout seul su Google, vous aurez droit à Roch Voisine. Et c'est pas le sujet.

Me voilà donc devant mon ordi avec cette couverture ... fort sympathique et joyeuse à me dire : 
"AH ! Non ! Je veux pas je veux pas je veux pas d'un-e dingue qui arrache les yeux des gens naaaaaan NAN."

Mais j'ai rapidement appris le pitch de l'histoire : Thomas souffre d'insomnies et va consulter un hypnothérapeute. Mais la séance tourne mal et il se retrouve à faire d'atroces cauchemars où il torture une jeune femme, et qui lui semblent si ... réels.
A quelques kilomètres de chez là, Nathalie, une jeune gendarme, remarque que la maison de son amie Lisa semble désertée alors que la voiture de cette dernière est toujours là, ainsi que celle d'un inconnu ...

(Ce paragraphe était sponsorisé par les points de suspension)

Donc je me dis "Ah , donc "Avec tes yeux", ceux du tueur, hahaha, y'a pas de raison d'avoir peur !" et j'ai donc fait un sprint pour l'acheter vendredi dernier.
SAUF QUE.
EN FAIT.
Y'A VRAIMENT UN DINGUE ARRACHEUR D'YEUX.


Sachant que j'ai lu pire (chez Sire Cédric, entre autres), je me suis contentée de survoler le passage bien descriptif d'énucléation en mode "J'ai rien vu j'ai rien vu tout va bien lalala".

Maintenant qu'on a parlé de ce sujet ma foi fort sympathique, on va ptêt se concentrer sur la critique proprement dite.

Je suis quelqu'un de très difficile en lectures puisque je suis pratiquement jamais surprise, même dans les thriller ou policiers où c'est quand même bien, un peu de plot twist, tout ça. J'ai quand même dormi en lisant le Silence des Agneaux ("Une plongée dans la folie et l'horreur !", ouais c'est ça José, "une plongée dans mon lit et la torpeur" ouais !) et je ris de façon étrange quand j'essaie de lire du Franck Thilliez.

Et j'ai pas été particulièrement surprise dans ce livre, mais ça veut pas dire qu'il est mauvais, loin de là ! Il est bien, vraiment.

Les personnages, déjà. Sire Cédric a des personnages récurrents dans ses romans, comme Vauvert et Eva, la profileuse albinos, et c'est mes préférés. Là, on a des nouveaux protagonistes avec Thomas et Emmanuelle.

J'ai pas beaucoup apprécié Thomas, tout simplement parce que je ne partage absolument pas son caractère. J'avais toujours envie de le baffer. C'est pas parce qu'on écrit des personnages que le lectorat est obligé de les aimer, ne pas les aimer ne veut pas dire qu'on les a mal écrits, ça dépend de chacun-e après.
Mais ses péripéties et son cheminement au cours de sa terrifiante aventure épaississent son caractère, sa personnalité : il est consistant. Il a des peurs, des passions, il a une certaine logique, une personnalité. On peut comprendre ses décisions, et malgré le fait que je ne l'apprécie pas, je peux tout de même reconnaître que c'est un bon personnage, bien écrit.

Pour Emmanuelle, j'ai pas eu d'opinion à son sujet. Spoil de ... 88 pages.
Elle est anorexique avec crises de boulimie et ça avait été annoncé avant la sortir du livre via interviews. Forte de huit ans d'expérience en ce domaine, j'étais en mode :


La description des crises est correcte, tout comme celle des retentissements physiques. "Correcte" pour quelqu'un qui n'en a jamais fait et qui ne les a jamais subis. C'est sûr que pour moi, j'étais sceptique parce que, à mes yeux, c'est très cliché, disons. Mais une personne qui n'a jamais fait de crises ou eu de TCAs ne peut pas écrire ce que ça fait psychologiquement : ielle peut juste s'appuyer sur des témoignages ou des sources médicales.

Et donc à niveau-là, je suis fatalement biaisée.
J'étais limite à dire : "Quoi, elle vomit pas par le nez?* Genre, ça lui arrive jamais ! Et elle a pas de gingivite ?** Et elle a pas la peau tout dégueu ?*** ET COMMENT ELLE ARRIVE A POURSUIVRE UN MEC DANS LA FORET ?!****"

Alice, ancienne anorexique-boulimique, vous prête ses services en relecture de personnages.

* ça pique
** ça pique
*** c'est moche
**** elle fait du jogging tous les jours, certes, mais j'étais un peu "Hmhmmm" sur le coup. Après, chacun-e sa résistance physique, c'est pas improbable.


Le mec de Millénium 4 aurait du le faire avec des gens autistes parce que le trope "un garçon de huit ans autiste miroir de Lisbeth" ... Tu peux pas faire ENCORE PLUS cliché ? Ajoute qu'il adore les trains et est un génie des maths tant que tu y es.

Emmanuelle, j'ai aucune opinion sur elle en fait. Elle est relou, très relou, mais elle fait des trucs bien aussi, donc je suis très tiède à son sujet.


Au niveau de l'histoire, de la GRANDE question qui est : 
QUI QU'EST LE MÉCHANT TUEUR QUI COLLECTIONNE LES NOEILS ?


Ah bah j'vais pas vous le dire !

De pistes en fausses pistes, de recherches en poursuites à l'instincts, cette traque est sombre et haletante. Malgré deux protagonistes que je n'ai pas particulièrement appréciés (un-e autre personnage qui arrive assez tardivement a par contre remporté tous mes suffrages, mais je n'en parlerai pas ici car sinon je vous spoilerai trop et ruinerais la surprise), ce livre m'a accrochée et fait passer un bon moment, comme à chaque Sire Cédric.

Ce personnage "surprise" joue un rôle clef dans l'intrigue et apporte  avec ellui beaucoup de nouvelles informations et mystères qui se mêlent à ceux déjà apportés par Thomas et Emmanuelle. D'où vient iel ? Que veut t-iel ? De quel côte se trouve-t-iel vraiment ? Tout ce flou autour de ses intentions renforcent encore plus l'impatience qu'on a de dévorer les dernières pages.


Bon, bien sûr, il faut pas avoir peur des descriptions à fort taux d'hémoglobine. Sinon, tu passes ton chemin. Mais elles ne sont pas non plus omniprésentes au point d'avoir plus de détails sur les actions du tueur que sur celles des personnages à sa poursuite.

Au fur de l'histoire, on sent l'atmosphère devenir de plus en plus oppressante, notamment pour Thomas qui se sent condamné (à quoi ? Surpriiiiise). Les lieux classiques voire mythiques dans les œuvres à potentiel fantastique/horrifique (cabinet de médecin, cimetière, hôtel) présents dans Dans tes yeux renforcent leur place dans l'imaginaire collectif des fans du genre, et aident à planter le-s décor-s de l'intrigue. Les révélations, notamment dans les cent dernières pages, font monter la pression jusqu'aux deux dernières pages ... avant de remonter aussitôt !

(Même si la fin m'a pas surprise, j'étais : "Ouaiiiiiiis ! Ouaiiiis GG !")

L'idée de départ (de voir à travers les yeux d'un-e autre) est une idée qui peut sembler bateau, mais qui est bien maîtrisée d'un bout à l'autre du livre, lequel risque de vous donner quelques nuits blanches ...

Le pire, c'est que le soir même, j'ai regardé American Horror Story : Hotel et y'avait quoi ?
Un mec avec les yeux arrachés !



C'EST UN COMPLOT.

Bisous curry-ananas sur vous.

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