mercredi 24 juin 2015

"We are so much bigger on the inside."




Je ne me souviens pas exactement quand nous avons commencé.
J'étais avec Eddy et on nous a mis dans un groupe d'exposé avec toi, Louise et Marine.
Et moi, je t'avais toujours trouvé très belle et classe et j'avais peur de toi. Non pas que tu sois terrifiante mais tu m'impressionnais. Et tu as parlé d'une émission que tu avais regardée avec ton copain avec une meuf qui te faisait penser à Belphégor en fond et tu riais toute seule. Et c'était un moment étrange pour moi de voir une fille que je voyais de loin, comme inatteignable, rire si franchement pour quelque chose de plutôt futile.

Et nous avons fait cet exposé et nous nous sommes rapprochés.

Puis, dans une autre matière, nous avons du refaire des groupes pour des exposés. Et Coraline était seule dans son coin, encore dans la Lune et tu es partie avec elle faire ton travail sur Catwoman.

Et nous avons commencé à nous rapprocher.

Je ne me rappelle plus exactement quand nous avons vraiment fusionné en un groupe à part.
Je me rappelle quand nous avons séché ce TD de Terzi pour aller au Bubble Bar et dessiner sur la table-tableau en riant et mangeant nos crêpes Ovomaltine.
Je me rappelle quand Coraline et moi avons insisté pour aller au KFC en revenant de Tourcoing.
Je me rappelle quand elle m'a sermonnée quand j'ai dit aimer le personnage d'Hannibal.
Je me rappelle quand Louise et moi avons chanté 'Call me maybe' chez Jennyfer, devant des vendeuses médusées.
Je me rappelle quand nous avons toutes les trois parlé si longtemps dans la mer, à Merlimont, que la marée avait descendu drastiquement.
Je me rappelle quand Louise s'est cassé la jambe et m'a prêté une béquille parce que ma hanche me faisait douiller à mort ce jour-là, et que j'ai déréglé la hauteur de cette dernière.
Je me rappelle quand Coraline et moi avons passé un week end ensemble à Paris, quand j'ai du aller à l'INFL.
Quand on est allées à Japan Expo tous les trois.
Quand on a regardé Stonehedge Apocalypse.
Quand on a commenté les œuvres de Klimt ce week-end.
Quand on a eu un fou rire dingue à Bercy Village tous ensemble.
Quand Coraline met la chanson de The Voices et qu'on fait un karaoké dessus en private joke.
Quand vous me laissez lire les yaoi de Co' sur le pouf poire sans m'embêter parce que je reste dans mon coin.
Quand on galère à choper des items dans le jeu Scott Pilgrim et qu'on se tabasse dessus connement.

Que l'on soit tous ensemble, en duo, trio, peu importe.
Qu'on parle ou pas, peu m'importe.

Quand nous ensemble, je me sens très heureuse, sereine.
Mais aussi très triste.

J'ai peur.
J'ai peur de perdre tout ça. Tous ses moments, ses souvenirs, le souvenir de rires dans l'air, de vos sourires, l'odeur de vos vêtements, les moindres petits indices de votre présence près de moi, aussi simples fut-ils.
J'ai peur de les perdre, qu'ils s'effacent de ma mémoire, que vous partiez loin de moi.

Et alors, j'ai pleuré.
Vous m'avez peut-être entendue. La nuit de samedi à dimanche.
On était allongés sur les matelas Decat' tous neufs et soudain, j'ai eu la vague à l'âme, la grosse, celle qui te met à terre. J'ai réalisé que ce moment, aussi simple et beau soit-il, n'était justement qu'un moment. Que je ne le revivrai jamais de la même façon. Que cette paix dans ce calme, avec mes plus chers amis, ne me reviendrait jamais comme telle.
Et j'étais si triste parce que j'aurais voulu que ça dure toujours.
J'aurais voulu rester éternellement entre Eddy sur sa PSP, Louise sur son portable qui prend un selfie en douce, à côté de Coraline sur sa tablette, avec aucun qui ne parle et qui profite simplement de la présence de l'autre.
Juste exister l'un à côté de l'autre, c'est être ensemble et c'est merveilleux.

C'est stupide de faire ça, de regretter ou pleurer un moment qui n'est pas encore passé. Une sorte de mélancolie préventive : je sais que je vais regretter ce moment alors je le pleure tout de suite. Mais ça ne rend pas les choses plus faciles après. Je suis triste sans vous, vide, et très seule.

J'ai déjà eu des ami(e)s, évidemment, des ami(e)s cher-e-s.
Mais je ne pense pas avoir eu une expérience aussi forte avec d'autres personnes, au point de pouvoir tout sacrifier pour eux et me laisser être moi-même devant eux. J'ai sans doute déjà pleuré devant vous, et vous devant moi. Bien sûr, nous sommes encore pudiques, mais c'est normal, c'est dur d'admettre ses faiblesses.

Mais nous sommes ensemble. Et nous nous aimons.
Je vous aime.
Je t'aime Coraline.
Je t'aime Eddy.
Je t'aime Louise.

Je vous aime terriblement, je vous mangerai (admirez la référence à Sendak).
J'aimerais que tout dure toujours avec vous, parce que même l'éternité serait trop courte. Je ne veux pas vous quitter. Je ne veux pas dériver dans cette vie parfois si froide et sombre sans pouvoir tendre la main dans le noir et trouver la votre. Ni entendre votre voix sous la pluie, ni pouvoir vous serrer dans mes bras dans les moments de terreur.

Parce que vous êtes la raison pour laquelle je suis encore là.
Vous me comprenez et m'aidez, sans me forcer à quoi que ce soit. Vous m'encouragez dans les coups durs et me confortez quand ça ne va pas. J'essaie de toutes mes forces de retourner cette attention, cet amour, mais je ne sais pas si je l'exprime justement. Vous méritez tant, tout ce que ce monde a de plus pur et de plus beau.

Vous êtes de personnes extraordinaires.
Je crois que tout ce que j'ai vécu de bien et de mal dans ma vie était fait pour que je me retrouve avec vous. Vous êtes le calme après la tempête. Et le bien de ma vie est encore mieux et le mal de ma vie ne me fait plus peur quand je suis avec vous.

Nous avons encore tant de moments à partager.
Peut-être que je pleurerai encore, des larmes de joie douces-amères.
Mais je serai heureuse.

Je vous aime tant.
Je vous mangerai.

1 commentaire:

  1. C'est une putain de belle déclaration que tu fait à tes amis !
    Ahah je me sens moins seule tout à coup, moi aussi je connais bien ce moment "déprime" alors que tout va bien mais que justement tout va TROP bien, tu voudrais que ça s'arrête jamais, et que le temps se fige.

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