mercredi 29 avril 2015

Fibromagique.

Pioupiou, assieds-toi, faut qu'j'te paaaarle j'ai passé ma journée dans le noiiiir
Oui, j'aime bien placer du Vitaa en introduction, je vais tenter ça dans mon mémoire, tiens, ça sera rigolo.

Comme tu le sais peut-être, je suis aussi énergique et tonique qu'une mamie arthritique de 73 ans après un marathon, avec des grosses douleurs un peu partout avec un pic à la hanche/jambe droite. J'ai donc passé LA MASSE d'examens médicaux.

Ostéo : cric-crac-crac-cric-croc, je trouve rien.
Prises de sang : rien sauf une ferritine un peu basse. Hop, du Tardyféron, rien d'important.
Radio : légère scoliose, je pense à gauche, rien de bien méchant.
Échographie de la hanche droite : que dalle, enfin si, mais rien d'important.
IRM : un disque un peu écrasé mais rien de bien méchant.
Kiné : je suis épuisée rien qu'à monter sur le vélo elliptique, mais je reste un mystère.

Un peu comme ça, oui.

On finit par me détecter une tendinite chronique aux abducteurs de la jambe droite et paf! INFILTRATION. Si ça t'amuse, tu peux imaginer un Solid Snake me masser parce que ça aurait été plus sympa que la réalité.

A savoir qu'on m'a collé une aiguille de Xylocaïne dans le cuissot puis une plus grosse aiguille encore de jesaispasquoi et que j'ai GRAVE SOUFFERT. Vraiment. Déjà, les aiguilles, ça pique mais le produit, il brûle et l'aiguille est loooongue.

J'ai même failli tomber dans les pommes à la fin de la première infiltration en Octobre. Trop fun.

Oui, j'ai du faire cette tête-là.

Et bien sûr, aux deux infiltrations, le docteur (le même en plus) m'a demandé :

"Vous faites quoi comme sport ?"

JE NE FAIS PAS DE SPORT MOSSIEU.
NON.
Je suis la seule meuf qui a une énooorme tendinite pour RIEN.

J'ai trop de bol, mec, j'te le dis.


Et j'ai encore eu droit à cette remarque hier matin quand je suis allée à l'hôpital de Lens voir la rééducatrice. Plus tôt dans le mois, je suis retournée voir ma rhumatologue pour un contrôle et parler de mes douleurs qui continuent malgré les infiltrations. Après palpage et discussion, elle a noté des douleurs fibromyalgiques mais penchait pour un déconditionnement du rachis à l'effort.

Quéquessé ? En gros, ça veut dire que je n'ai pas fait d'activité physique depuis si longtemps que mon corps est fatigué pour rien, ce qui explique les douleurs et la fatigue chronique. Vous notez le paradoxe avec la question récurrente du médecin : j'me pécho une tendinite (le truc que se chopent les athlètes de haut niveau) et un déconditionnement à l'effort (... le truc que se chopent les athlètes aussi mais après genre une fracture ... ou une tendinite, 'ffectivement)

J'ai le syndrome de l'imposteur sportif : les gens croient que je fais de la natation ou de la danse classique mais en fait, PAS DU TOUT. Le seul sport que je fais, c'est le surf sur Internet. Et c'est pas encore considéré comme épreuve olympique aux dernières nouvelles.

Entre-temps, j'avais vu ma généraliste et pris rendez-vous au centre de la douleur , également à l'hôpital de Lens. Rendez-vous déplacé et qui aura finalement lieu de 13 Mai. La rhumato me conseille d'aller donc voir une collègue rééducatrice et hier matin, neuf heures, ma mère et moi galérons sur la parking de l'hosto pour trouver une place.

Après ces péripéties, la réalisation que j'ai oublié l'ordonnance de la rhumato (jesuisunbouletpointcom) et la longue recherche du département rééducation, nous voilà en salle d'attente et LA ...

Y'a que des vieilles dames.
 En déambulateur.
Avec des cannes.
Et des bas de contention.
Et des cheveux permanentés et gris de mamie de pub.

Allez savoir pourquoi, mais j'avais l'impression de pas trop être à ma place soudain.



Meeeuh nan, tu te fais des idées Walou, voyons.

Une mamie nous informe que le docteur (enfin, c'est une femme, mais c'est quoi le féminin ? Docteure? Doctoresse c'est vraiment trop moche, désolée, je refuse de l'utiliser) ou plutôt la docteure donc est coincée dans les bouchons. Après dix minutes, la voilà qui arrive comme une tornade en mode c'est la panique mécanique de mon coeur locolocomotive locolocomotive à vapeur.

Elle prend en charge la mamie pendant que j'attends avec ma maman et tous mes résultats d'examens. Vient mon tour, j'entre dans son minuscule bureau. Après avoir bafouillé comment je suis arrivée chez elle et des questions, elle finit par s'exclamer :

"Mais vous êtes pas fibromyalgique quand même ! Pas à votre âge !"

Oui, il semblerait que la maladie apparaît souvent après quarante ans. Mais bon, vous l'avez compris, je suis une personne avec le cul plein de nouilles (pimentées en plus il semblerait).

Je me déshabiller et me plie à ses indications ("Tournez-moi le dos", "Mettez vos mains en avant", "Pliez le dos" , "Penchez à gauche/droite", "Récitez-moi l'épître de Saint Paul aux Corinthiens") et ensuite, elle se met à me tripoter des points bien précis en mode "Est-ce que ça fait mal là ?"

(Parenthèse : quand les docs te font ça en cas de mal de ventre, t'as toi aussi toujours l'impression qu'ils appuient super fort exprès histoire que tu sois obligé(e) de dire que OUI CA FAIT MAL ESPÈCE DE MALADE ! ?)

J'ai du dire "Oui" deux fois sur trois, puis j'ai du lever mes jambes .. Enfin, j'ai essayé étant donné que la motricité de mes jambes n'est plus telle quelle était dans ma jeunesse ! (dit la zouz de 22 piges)

Je monte sur un appareil bizarre pour voir l'empreinte de mes pieds, ceux qui sont déjà allé(e)s chez le podologue voient de quoi je cause. J'en profite pour expliquer "Le problème avec vos questions, c'est que j'ai mal tout le temps partout donc je sais même plus vraiment si j'ai mal ou pas quand vous touchez. Et puis j'ai pris mon Tramadol (anti-douleur) donc ..."

Sa réponse ? "Oh mais si vous avez mal même sous Tramadol, c'est que c'est pas normal !"

Elle se rassoit derrière son bureau, commence à prendre son magnétophone en mode Twin Peaks, un stylo et me dit :

"Fibromyalgie."

Même si je m'en doutais, même si ce diagnostic penchait dans ce sens, même si je pressentais que ma rhumato m'avait fait aller voir la rééducatrice pour voir si c'était bel et bien de la fibro, j'ai vraiment eu envie de pleurer.

Mais je me suis retenue et je l'ai écouter dicter ses courriers à ma généraliste, au spécialiste de la fibro et regardée faire les papiers pour une balnéothérapie à l'hôpital. Elle m'a raccompagnée dehors et dit que sa secrétaire (en vacances) m'appellerait pour me dire quand venir faire ma première séance.

J'ai encore à voir le spécialiste pour confirmer ce diagnostic mais c'est franchement déprimant en un sens. Déprimant parce que c'est une maladie chronique, soit à vie et sans amélioration durable possible. Et que ça foire toute ma vie. Je ne pourrai pas faire le(s) boulots que je veux. J'ai déjà du abandonner l'idée d'être libraire. Je ne pourrai peut-être pas avoir de boulot étudiant parce que ça m'épuiserait.

C'est nul.

Juste un peu.

Bisous coco-banane sur vous (quand même).






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